Le sens de la famille aux yeux des LGBT

La théorie du genre à l’œuvre dans la redéfinition de la famille

Introduction

Dimanche après midi je me suis rendue au « débat » public organisé par Villa Gillet aux Subsistances de Lyon, dans le cadre du festival « Mode d’emploi » sur le thème « Le sens de la famille ».

Les intervenants étaient :

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Irène Théry (sociologue, directrice d’étude à l’EHESS et nommée présidente d’un groupe de travail par Dominique Bertinotti dans le cadre de la Loi Famille),

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Anne Verjus (docteur en études politiques, membre du laboratoire Triangle CNRS-ENS Lyon),

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Caroline Mecary (Avocate au barreau de Paris)

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Jean-Philippe Pierron (philosophe, professeur à l’université Jean Moulin Lyon 3)

Ces ardents défenseurs du mariage pour tous y ont tenu un discours idéologique, très largement imprégné de la théorie du genre et truffé de néologismes caractéristiques de la novlangue habituellement utilisée par les théoriciens du genre.

A leurs yeux, la famille père-mère-enfant n’est qu’un vaste préjugé, une mythologie, qu’il faut déconstruire nécessairement et à tout prix.

Les extraits suivants donnent un aperçu de cette imprégnation idéologique de leur conception de « la famille ».

Irène Théry

Aux yeux d’Irène Théry, l’ouverture du mariage aux couples homosexuels aurait été l’occasion pour ses opposants « de prendre la famille homoparentale comme bouc émissaire » c'est-à-dire avec la volonté délibérée de « le charger de ses inquiétudes, de ses peurs et d’essayer de l’expulser du groupe pour purifier le groupe. De quoi ? D’interrogations que le groupe ne veut pas affronter ».

« Dans la culture occidentale moderne, il y a une certaine mythologie de la famille conjugale » et les manifestations contre la Loi Taubira auraient révélé « un attachement absolument i-maitrisé, incontrôlé, à cette mythologie » de la famille père-mère-enfant.

Selon Irène Théry « Nous sommes héritiers d’un moment où on a mythologisé le fait que à l’origine de la parenté, il y aurait la famille père-mère-enfant fondée sur nos différences […] à la fois physiques et mentales […] »
« Aujourd’hui ce que nous vivons, et depuis déjà une quarantaine d’années au moins, c’est la distance par rapport à ce modèle familial qui en fait était une façon de naturaliser ce qui s’est vraiment produit dans la vraie vie, dans la vraie société, pas dans la mythologie, qui était le modèle matrimonial de famille […] »

Anne Verjus

Affirme, dans ses conclusions, nécessaire de "Disjoindre la parentalité et la conjugalité".

Elle propose "dès la naissance des enfants juste après le sevrage une (...) résidence alternée".

Elle propose également de penser "à faire des enfants avec son meilleur ami plutôt qu'avec son amant".

Irène Théry

Irène Théry déclare, au cours de ce que je qualifierai d’échange, plutôt que de débat : « Pour moi c’est clair, le grand moteur du changement, c’est l’égalité des sexes ». Elle dit aussi que «[…] la grande révolution qu’on vit aujourd’hui, c’est essayer de vivre dans une société fondée sur la valeur cardinale de l’égalité de sexe, et ça bouleverse la famille, le couple, la filiation […] ça bouleverse aussi l’idée que seule la relation de sexes opposés serait fondée dans la nature des choses et donc ça introduit des relations de mêmes sexes […] »

Anne Verjus

Puis, Anne Verjus affirme que la famille a toujours été en changement et donc « on n’est pas à une période particulièrement bouleversante » « Moi, ce que je vois comme évolution sur 200 ans, c’est qu’on était dans le modèle conjugaliste […] fondé sur la complémentarité. »
Elle poursuit en expliquant que ce modèle a subit une évolution au XIXè avec l’émergence du sexualisme et l’organisation du féminisme.
Et de conclure : « Aujourd’hui, je pense qu’on est dans un troisième changement qui est la remise en cause du sexualisme et de la bicatégorisation […] On était dans le conjugalisme, après on était dans le sexualisme, et là, on serait dans quelque chose qui pourrait être de l’ordre de l’inter-sexualisme »

Toujours dans cet échange, on peut entendre Anne Verjus prétendre que « ce qui fait famille, c’est l’enfant » et que la définition de la famille est réduite à ça : « Un seul parent, un enfant et c’est une famille qui naît »

Caroline Mécary

Marie Douris (professeur de droit à l’université Catholique de Lyon, spécialisée en droit de la famille et en droit de la protection de l’enfance), invitée à intervenir dans le « débat » pose une question à Caroline Mécary concernant l’adoption : « Pourquoi la parenté ne pourrait pas être ouverte à des couples non mariés ? »

Caroline Mécary répond que si la Loi Taubira n’est pas allée jusque là, cela ne veut pas dire que c’est figé et qu’elle attend beaucoup des groupes de travail constitués en vue de l’élaboration de la Loi Famille de Dominique Bertinotti pour faire évoluer cette question de l’adoption par des couples non mariés :

Caroline Mécary

Lors de la séance de questions/réponses avec le public, Caroline Mécary répond à une question posée par une auditrice sur l’idée d’une abolition du mariage. Sa réponse démontre bien que le véritable but du mariage pour tous, in fine, c’est l’abolition pure et simple du mariage : « Pour pouvoir abolir le mariage, il faut d’abord que tout le monde puisse en bénéficier. Ce que vous évoquez est tout à fait envisageable […] c’est l’étape suivante ».

Dans le cadre de cette même question, Irène Théry revient d’ailleurs sur la mission qu’elle se donne dans le cadre de la Loi Famille et sur ses préconisations en matière d’adoption :

« Je pense qu’en matière du lien de filiation le mariage est devenu tout à fait secondaire […] Il me parait évident que le groupe que je préside préconisera d’ouvrir la possibilité d’adoption aux couples non mariés, parce que, tout simplement, ça va de soi »

Conclusion :

A l’écoute de ces déclarations, on peut considérer que les inquiétudes portées par La Manif Pour Tous sont amplement justifiées, notamment en ce qui concerne la diffusion de la théorie du genre, ainsi que ses craintes quant à ce qui va ressortir des groupes de travail pour l’élaboration de la Loi Famille de Dominique Bertinotti.